lunes, 21 de enero de 2013

Babel sans peine. Claude Hagège: les langues à vocation mondiale


Les langues à vocation mondiale
avec Claude Hagège
Est proffeseur-chercheur au Collège de France, auteur, nottamment de Dictionnaire amoureux des langues (2009) et Contre la pensée unique (2012).

Las Lenguas, una vocación mundial
con Claude Hagège
Es profesor-investigador en el Collège de Francia, autor, en particular, del Diccionario amante de las lenguas (2009) y Contra el pensamiento único (2012)

Le hindi et le chinois mandarin sont parmi les langues les plus parlées au monde. Elles ne satisfont poutant pas aux trois critéres qui definissent la vocation mondiale d'une langue: sa diffusion importante depuis longtemps, le nombre de locuteurs et l'effort de promotion de cette langue par le pouvoir politique. Aujourd'hui l'allemand, le portugais, l'espagnol, et surtout l'anglais et le français répondent le plus à ces critères. Mais comment réellement évaluer cette vocation mondiale?
 
El hindi y el chino mandarin están entre las lenguas más habladas del mundo. Sin embargo, no satisfacen los tres criterios que definen la vocación mundial de una lengua: su difusión importante después de mucho tiempo, el número de hablantes y el esfuerzo de promoción de esta lengua por el poder político. Hoy el alemán, el portugués, el español, y sobre todo el inglés y el francés son los que más responden a estos criterios. ¿Pero cómo evaluar realmente esta vocación mundial?

 

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Claude Hagège: "j'aime les langues comme les femmes"
Le Point
25/06/2009
Le Point : Vous prétendez aimer les langues comme vous aimez les femmes. Toutes les langues et toutes les femmes ?
Claude Hagège : Bien sûr que non ! Cela dit, cette formule n'est pas seulement métaphorique, elle correspond à une expérience biographique. A deux reprises, j'ai eu l'occasion de vérifier la parenté entre ces deux amours. Dans les deux cas, j'aimais une femme et, au même moment, le CNRS ou une autre institution m'offrait la possibilité d'aller sur le terrain pour pourchasser et décrire une langue non écrite. Je savais que je perdrais la personne aimée. Mais, chaque fois, entre la femme et la langue, j'ai choisi la langue.
En somme, vous collez au plus près au concept de « dictionnaire amoureux » ?
« Un dictionnaire ne peut pas être amoureux, c'est l'individu qui est amoureux » , m'a-t-on fait remarquer. En rhétorique classique française, ce transfert s'appelle une hypallage, figure de style qui consiste à transférer un qualificatif d'un mot vers un autre. Les savants citent souvent comme exemple un vers de « L'Enéide » : « Ibant obscuri sola sub nocte. » Mot à mot, cela signifie : « Ils allaient obscurs sous la nuit seule. » En fait, c'étaient eux qui étaient seuls et la nuit obscure.
Merci pour l'hypallage. Mais laissons là l'amour. Pour la science, qu'est-ce qu'une langue ? Vous admettez, je suppose, que le babil que l'on parle aux enfants n'en est pas une.
Je vous l'accorde. On parle de langue lorsqu'on a affaire à une organisation très articulée de systèmes, phonologique parce qu'il faut des sons, morphologique parce qu'il faut des formes, syntaxique parce qu'il faut des phrases pour agencer les mots entre eux et, enfin, sémantique parce que tous ces éléments combinés doivent produire du sens.
Une mécanique aussi complexe peut-elle se passer d'une écriture ? Peut-on vraiment parler de langues orales ?
Evidemment ! Il existe d'innombrables dialectes, africains, amérindiens, océaniens. Pour le linguiste, ce sont des langues. Je dirai qu'une langue est un dialecte qui a réussi et qui a acquis une prééminence en fonction de trois paramètres. Elle s'écrit et produit une littérature. Elle se parle là où s'est établie une autorité politique : le dialecte va être promu langue quand le lieu où il se parle devient celui du pouvoir. Enfin, elle est l'objet d'une entreprise de planification et de réforme dont l'enjeu est de dégager une norme dialectale. C'est ce qui s'est passé pour le français et qui se reproduit aujourd'hui pour les langues régionales. Ceux qui veulent donner à ces langues une dignité ont très bien compris qu'elles souffraient de leur dispersion. Il existe six dialectes occitans et au moins cinq variétés du basque. On s'achemine apparemment vers un processus d'unification.
Une langue, vous l'avez dit, c'est aussi une littérature. Justement, toutes n'ont pas créé Racine ou Dostoïevski. Pour sympathique que soit votre postulat selon lequel toutes les langues se valent, est-il opératoire ?
Ce postulat de l'égalité n'est pas formulé explicitement, mais j'admets qu'il est sous-jacent à ce que j'écris. Je n'affirme nullement que toutes les langues aient produit des littératures d'égale beauté. Elles se valent comme instruments de communication et parce qu'elles possèdent les caractéristiques que j'ai énoncées plus haut. Elles se valent à un autre titre : contrairement à ce que l'on croit, n'importe quelle langue peut être traduite en n'importe quelle langue. Les petites langues tribales de Nouvelle-Guinée, les langues d'Afrique parfois réduites à un village sont aussi capables que n'importe quelle autre de traduire des textes politiques, poétiques ou littéraires. Tout simplement parce que, quand un mot leur manque, elles l'inventent.
Mais comment inventer le mot quand on ne connaît pas la chose ? Par exemple, toutes vos « microlangues » sont-elles capables de traduire « démocratie » ou « liberté » ?
On se contente de fabriquer un mot décrivant le sens. Ainsi, pour « démocratie », on reprendra tout simplement l'étymologie grecque et l'on traduira par « pouvoir du peuple ». Liberté, en chinois, se dit « mouvement (décidé par) soi-même ».
Vous ne pouvez pas refuser l'évidence : certaines langues sont plus sophistiquées que d'autres. Il y a des grandes langues comme il y a des grandes puissances.
Je dirai plutôt que certaines langues ont quelque chose de sommaire, une syntaxe moins précise, un lexique moins étendu : ce sont les pidgins, ces langues qui naissent spontanément sur les marchés d'Afrique et d'ailleurs pour permettre à des gens venus de tribus et de villages différents de commercer ensemble. Il leur manque une caractéristique capitale pour être des langues : le fait d'avoir été transmises dans la petite enfance. Mais, comme les relations de marché et d'échanges finissent par créer des communautés, certains pidgins s'enrichissent et engendrent des créoles [NDLR : système linguistique mixte] qui se transmettent au sein de la communauté. Le guadeloupéen, le martiniquais et le guyanais ont commencé par être des pidgins et sont maintenant des créoles.
Vous n'êtes pas loin de penser que le verlan des cités est une langue. Nierez-vous que c'est une langue pauvre qui ne permet guère de penser la complexité du monde ?
Non, je ne prétends pas que le verlan soit une langue. Pas tout à fait. Comme l'argot des prisonniers ou des hors-la-loi, c'est une langue inventée par des populations rejetées en lisière de la société pour communiquer entre elles. Elles sont moins richement équipées pour traduire toute la réalité que les langues au sens plein du terme, mais elles ne sont pas faites n'importe comment, elles obéissent à une construction grammaticale, même inconsciente.
Vous appelez au sauvetage des langues menacées. Mais vous ne semblez pas voir l'appauvrissement de nos chères et vieilles langues qu'on ne sait plus parler ni écrire. Vos lunettes progressistes vous aveugleraient-elles ?
A toutes les époques, les communautés cultivées ont eu l'impression que la langue s'appauvrissait. Pourquoi ? Parce qu'elle évoluait. Certains mots et tournures disparaissent, d'autres apparaissent. Ceux qui ont vécu la transformation du latin en différentes langues romanes, aux IIIe et IVe siècles, ont été horrifiés par la simplification des déclinaisons, la réduction du vocabulaire, la germanisation. Or que s'est-il passé ? Le latin a cessé d'être parlé quand on s'est rendu compte qu'il n'était plus accessible aux masses. Et il a donné naissance à de nombreux créoles, qui sont ensuite devenus d'extraordinaires langues littéraires. Le français, l'italien, le portugais, l'espagnol et le roumain sont des créoles du latin. Les contemporains qui vivaient cette mutation comme une catastrophe ne pouvaient imaginer que ce qui était pour eux du latin de cuisine allait donner naissance à de telles merveilles. Tous les linguistes vous le diront : la langue ne s'appauvrit pas, elle change.
On a parfois l'impression que vous aimez toutes les langues sauf une. La domination de l'anglais vous hérisse. Peut-être que l'anglais est le pidgin d'un monde globalisé, une langue qui s'invente pour commercer.
Si on accepte l'existence d'une langue de communication mondiale, à laquelle on prête naïvement un rôle purement utilitaire, on accepte à terme qu'une langue exerce son hégémonie. L'anglais est un danger mortel pour la diversité des langues. Bien sûr, les langues vivent d'emprunts. Seulement, au-delà d'un certain seuil, il ne s'agit plus d'emprunts, mais d'invasion, en particulier quand la langue pourvoyeuse est celle d'une grande puissance. L'américanisation du français est ridicule. Mais l'exemple du Québec montre qu'on peut résister. En 1975, quand le Parti québécois de René Lévesque a fait voter la loi 101 qui fait du français la seule langue officielle de la Belle Province, tout le monde s'en est gaussé. Mais ce fut un succès. Lacordaire disait, comme on sait : « Entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Le recours à la loi est indispensable. Sinon, dans deux siècles, nous parlerons tous anglais.

viernes, 18 de enero de 2013

Babel sans peine. Trio vocal IZVAN

Ouverture du cycle Babel sans peine
avec le trio vocal Izvan

Apertura del ciclo Babel sin pena
con el trío vocal Izvan




IZVAN est un trio vocal féminin : trois voix amoureuses de la richesse polyphonique du monde, de la musicalité des langues, des accords et des dissonances. A travers un répertoire composé essentiellement de chants traditionnels, Izvan offre un moment d’écoute singulier.

Estelle Beaugrand, Véronique Thomas-Caudal et Evelaine Lochu interprètent et revisitent, a cappella ou accompagnées d'instruments, des chants dont elles savourent les harmonies particulières.

En croate, IZVAN signifie "à l’extérieur de" et symbolise le désir des chanteuses de sortir de leur tradition musicale d'origine. Créé en septembre 2008 à Rennes, le trio a commencé son voyage vocal dans les Balkans et le Caucase et étoffé son univers artistique en explorant des répertoires encore peu connus. Elles chantent dorénavant en 17 langues : bulgare, macédonien, croate, albanais, grec, turc, laze, géorgien, svan, tchétchène, arménien, rom, hongrois, russe, anglais, flamand, suédois. Elles tissent une matière sonore d'une grande puissance vibratoire et inventent une couleur vocale propre à leur trio en accordant une part grandissante aux arrangements. La communion et la fusion des trois voix s'accompagnent ici d'une véritable rencontre humaine.

IZVAN es un trio vocal femenino: tres voces amantes de la riqueza polifónica del mundo, de la musicalidad de las lenguas, de los acordes y de las disonancias. A través de un repertorio compuesto fundamentalmente de cantos tradicionales, Izvan ofrece un momento de audiencia singular.

Estelle Beaugrand, Véronique Thomas-Caudal y Evelaine Lochu interpretan y revisitan, a cappella o acompañadas de instrumentos, los cantos en los que saborean las harmonías particulares.
En croata, IZVAN significa "al exterior de" y simboliza el deseo de las cantantes de salir de su tradición musical de origen. Creado en septiembre de 2008 en Rennes, el trío comenzó su viaje vocal en los Balcanes y el Cáucaso y dio cuerpo a su universo artístico explorando repertorios todavía poco conocidos. Cantan desde entonces en 17 lenguas: búlgaro, macedonio, croata, albanés, griego, turco, lacio, georgiano, svane, checheno, armenio, romance, húngaro, ruso, inglés, flamenco, sueco. Ellas tejen una materia sonora de una gran potencia vibratoria e inventan un color vocal propio de su trío otorgando una parte esencial a los arreglos. La comunión y la fusión de las tres voces se acompaña aquí de un verdadero encuentro humano.



Babel sans peine. D'autres voix. Un autre regard sur l'autisme

D'autres voix. Un autre regard sur l'autisme
un film de Iván Ruíz Acero, psychanalyste à Barcelone
Espagne, 2012
Production Teidees


Otras voces. Una mirada diferente sobre el autismo
una película de Iván Ruíz Acero, psicoanalista en Barcelona
España, 2012
Producciones Teidees



 

Sinopsis
 
Otras voces es un documental sobre el autismo a partir de la experiencia de nueve padres, madres y abuelos de niños diagnosticados de autismo; del testimonio de Albert, un joven de 20 años diagnosticado de Síndrome de Asperger; y desde la mirada de diversos psicoanalistas de toda Europa.
Los testimonios de todos ellos nos acercan a otra manera de entender y de tratar el autismo. La experiencia de los padres, emotiva a la vez que llena de optimismo, nos permite descubrir qué implica vivir y convivir con el autismo: los primeros indicios de algo que no iba cómo se esperaba en sus hijos, sus primeras palabras, los diversos recorridos hasta encontrar a alguien que ayudase a sus hijos y a ellos mismos; la búsqueda de una escuela donde poder estar y aprender; los avances y las dificultades en cada caso, la llegada de la adolescencia, la preocupación por su futuro, …

El viaje a Bruselas de Albert, para visitar por primera vez el Museo Tintín, una de sus grandes pasiones, es el hilo conductor del documental que nos permite descubrir su particular manera de vivir y de entender el mundo.
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Ouest-France / Bretagne / Rennes

Autres Voix, un autre regard sur l'autisme - Rennes

mercredi 16 janvier 2013




Le film du réalisateur Ivan Ruiz est projeté aux Champs libres, dans le cadre du cycle « Babel sans peine ».
 
Ivan Ruiz est réalisateur, psychanalyste, président de l'Association Teadir de parents d'enfants autistes de Barcelone. Il est papa également d'un petit garçon autiste. Dimanche, il sera aux Champs libres pour présenter son film : Autres voix. « J'ai voulu donner la parole aux personnes concernées par l'autisme, explique le réalisateur. Il ne s'agit pas de n'importe quelles voix, mais de voix qui puissent transmettre une sensibilité autre que l'approche dominante qui place les autistes dans des cases étroites. »

Fiers de leur enfant

Dans ce film sensible, des parents « à la parole parfois fragile » évoquent la rencontre singulière avec leur enfant autiste, comment ils ont été désarmés, se sont sentis honteux et ont parfois renoncé à une vie sociale, « mais ils parlent fièrement de leur enfant ». C'est aussi une énorme déclaration d'amour à leur enfant, différent et pour qui ils n'ont pas d'autres réponses que la tendresse.

Ce documentaire ne s'engage pas dans le registre de la santé. Il propose de croiser ces aventures humaines. L'autisme n'est pas une maladie, davantage une volonté délibérée de ne pas entrer en contact expliquent les psychanalystes. Ces derniers racontent comment pour aider chaque enfant à trouver une place dans le monde, sortir de leur labyrinthe, chaque fois leur pratique est réinventée. Comment eux aussi ils apprennent des autistes, de leurs capacités spécifiques et hors du commun. Albert, diagnostiqué Asperger, est le fil rouge de ce documentaire émouvant. Le jeune homme évoque son monde intérieur comme un labyrinthe ténébreux, et comment il cherche à se faire entendre
.
Dimanche 20 janvier, à 16 h, salle de conférences Hubert-Curien aux Champs libres. Projection suivie d'une rencontre. Entrée libre. Réservations conseillées au 02 23 40 66 00.

Agnès LE MORVAN.
 

jueves, 17 de enero de 2013

Babel sans peine. Porte ouverte aux langues. Rennes

Un court film, réalisé par France 3



Ouverture du cycle. Marine Bedel, directrice de la bibliothèque:



Ouest-France / Bretagne / Rennes
"Babel sans peine" aux Champs Libres - Rennes
mardi 15 janvier 2013
 
La bibliothèque municipale propose des animations sur le thème des langues parlées et des langues des signes.
On considère qu'environ 80 langues différentes sont parlées quotidiennement à Rennes. Il suffit de prendre l'autobus et le métro pour s'en rendre (plus ou moins) compte. Une situation qui a beaucoup évolué depuis une dizaine d'années. Mais c'est peu par rapport aux 7 000 langues parlées dans le monde ! Un chiffre approximatif puisque près de 25 langues disparaissent chaque année...
Pour sensibiliser le public, un court film, réalisé par France 3, est diffusé à l'Arvor et au Ciné-TNB, des crochets de couleur sont disponibles dans les bus et une tour de Babel en tissu se dresse dans l'escalier de la bibliothèque.
« Chaque année, nous ouvrons un cycle, indique Marine Bedel, l'an dernier c'était sur l'Algérie. Là, c'est Babel sans peine, en se souvenant du mot d'Esope : la langue est la meilleure et la pire des choses. » Jacqueline Le Nail, qui a piloté ce travail, rappelle à propos que la fameuse méthode Assimil est due à un Rennais, Alphonse Chérel, (1882-1956). « Il a inventé My taylor is rich en 1929. Au départ, ça devait être simplement un calendrier... » Interprète-traducteur pendant la guerre de 1914-1918, il voyagea ensuite comme précepteur.
La bibliothèque ne propose pas une véritable exposition, mais des animations, des ateliers et des rencontres, notamment avec Claude Hagège (23 janvier), auteur d'un Dictionnaire amoureux des langues, qui passe pour parler une quarantaine de langues, Yannick Chérel (13 février), petit-fils d'Alphonse, Lucilla Galeazzi (12 mars), chanteuse italienne, Henriette Walter (17 avril), auteur de Des mots sans-culottes, Julien Jacob (24 avril), musicien qui a invité une langue... Le Musée de Bretagne, l'Espace des sciences, Mythos, l'université Rennes 2, le Cinéville et d'autres encore proposent également des rendez-vous.

Gérard PERNON.

Babel sans peine. Exposition KOUA KESS ?, typographie polyphonique

Exposition KOUA KESS ? 
          par LISAA Rennes

C’est dans le cadre de son nouveau cycle “Babel Sans Peine, Porte Ouverte aux Langues” que Les Champs Libres ont fait une nouvelle fois appel aux étudiants en Conception – Design Graphique de LISAA Rennes.
Ce cycle sur les langues souhaite mettre en valeur les richesses du mélange linguistique du paysage breton et de découvrir d’autres mondes de paroles autour de rencontres, expositions et conférences.
Les étudiants de LISAA Rennes ont conçu une installation nommée KOUA KESS ?.Ce projet est un travail collectif autour de la transformation des sons en signes. Les élèves, aidés de leurs enseignants Patrice Guinche et Richard Louvet, ont choisi librement, dans les langues indo-européennes, des mots qu’ils ont ensuite ré-orthographiés et dessinés afin que l’on puisse les lire dans l’intonation de la langue d’origine.KOUA KESS ? est un jeu sur les langues, un jeu sur le son, un jeu sur les formes composé en une suspension de 14 mètres de hauteur, au centre de l’escalier central de la Bibliothèque des Champs Libres. Avec plus d’une centaine de mots inscrits, c’est une véritable tour de Babel de typographie polyphonique.

Exposición KOUA LESS ?
por el Laboratorio de artes aplicadas LISAA Rennes

Es en el marco de su nuevo ciclo Babel sin pena, puerta abierta a las lenguas, que Les Champs Libres han hecho una vez más una llamada a los estudiantes de Diseño - Diseño Gráfico de LISAA Rennes.
Este ciclo sobre las lenguas desea poner en valor las riquezas de la mezcla lingüística del paisage Bretón y de descubrir otros mundos de palabras alrededor de encuentros, exposiciones y conferencias.
Los estudiantes del laboratorio de artes aplicadas (LISAA Rennes) han diseñado una instalación denominada KOUA KESS ?. Este proyecto es un trabajo colectivo en torno a la transformación de sonidos en signos. Los alumnos, ayudados de sus profesores Patrice Guinche y Richard Louvet, han elegido libremente, en las lenguas indoeuropéas, palabras que han reescrito y elaborado con el fin de que puedan leerse con la entonación de la lengua de origen. KOUA KESS ? es un juego sobre las lenguas, un juego sobre el sonido, un juego sobre las formas compuesto en una suspensión de 14 metros de alto, en el centro de la escalera central de la Biblioteca de Les Champs Libres. Con más de un centenar de palabras registradas, es una verdadera torre de Babel de tipografía polifónica,






KOUA KESS ?









 



 





Richard Louvet, enseignant de LISAA, avec deux élèves

jueves, 10 de enero de 2013

Lenguas en contacto



 
Paco Vega
Universidad complutense de Madrid



(1999): “Lenguas en contacto”,
 en Interlingüística 10.
Cáceres: Universidad de Cáceres. (ISSN 1134-8941).
 


1. el multilingüismo en las regiones fronterizas

La sociolingüística ha tenido un gran desarrollo desde sus orígenes y en un principio ya demostró un especial interés por el estudio de las lenguas en contacto, “a pesar de que las corrientes lingüísticas dominantes buscan como ideal metodológico las comunidades de habla monolingües y homogéneas” (Romaine, 1996, 51). Este interés y el hecho de ser mayoritarias las comunidades multilingües, tuvo como consecuencia la formación de una rama con mucha independencia dentro de la sociolingüística dedicada exclusivamente a los problemas específicos del contacto lingüístico. Desde la publicación en 1959 del ya clásico artículo de Uriel Weinreich que da título a esta rama de la sociolingüística, se ha generado una abundantísima bibliografía desde muchos puntos de vista en este terreno, incluido el caso de España más recientemente, donde lo normal es encontrarse con situaciones de bilingüismo o multilingüismo, debido al alto grado de desarrollo lingüístico que han experimentado sus minorías lingüísticas convirtiéndose en un ejemplo de estado plurilingüe en el que hoy además del castellano, la lengua nacional, tres lenguas autonómicas gozan de pleno reconocimiento oficial. Pero es el objetivo, en esta ocasión, presentar una serie limitada de materiales, poco conocidos, que sirva como un apéndice complementario para profundizar sobre los efectos del multilingüismo en las fronteras políticas y lingüísticas al mismo tiempo.

En el marco concreto de la dialectología y sociolingüística españolas, es necesario aportar más datos sobre el conocimiento de la evolución de las lenguas y dialectos en aquellas regiones que se han caracterizado históricamente por poseer un alto grado de complejidad en cuanto a sus patrones lingüísticos y socioculturales, como sucede en el caso sanabrés. Precisamente el origen histórico del plurilingüismo en este rincón del noroeste zamorano hay que relacionarlo con el que se produce en las regiones fronterizas. Su situación espacial de cuña geográfica fronteriza determinó desde el punto de vista de la lengua, así como de la geografía humana, un alto grado de diversidad, sobre todo cuando los límites políticos no coincidieron exactamente con los lingüísticos y socioculturales. El choque entre los antiguos reinos del noroeste, León, Galicia y Portugal, cada uno con su identidad etnolingüística, dibujó el mapa dialectal que la ha caracterizado, con sus pueblos bilingües o multilingües. Teniendo en cuenta el concepto ampliado de la diglosia, nos encontramos con comunidades que poseen una variedad A, la lengua impuesta por la Comunidad (Castilla y León) y una variedad B subestándar, la lengua de una comunidad de habla minoritaria. Esta lengua minoritaria ha sido aprendida bien como lengua materna, en el caso del gallego en la Alta Sanabria, o bien por necesidades comunicativas, en el caso del portugués en Rihonor de Castilla, aislado por montañas del centro de Sanabria junto a su homófono pueblo portugués Rio de Onor, con el que está fundido en todos los aspectos. Un caso curioso es el de Calabor, ubicado también en la frontera, que es representativo de un modelo poliglósico donde tienen el castellano como variedad A, para marcar las diferencias de nacionalidad, el portugués es la variedad B que se utiliza para la comunicación con personas del país vecino, y sobre todo, como lengua comercial en los establecimientos de venta. Además, la primera generación conserva el antiguo dialecto de Calabor, un dialecto mixto o mezclado, comúnmente denominado chapurrau, que tiene los rasgos típicos de los dialectos occidentales, es decir, rasgos gallegos, además de elementos leoneses, castellanos y portugueses. Aún encontramos un caso más de diglosia que se produce en el área residual del dialecto leonés, donde un determinado grupo de hablantes, representado por el grupo de mujeres de edad más avanzada, además del castellano mezclado con elementos autóctonos, código que utilizan para las relaciones fuera de la localidad o para hablar con personas extrañas, mantienen una lengua vernácula en fase de desaparición, el antiguo dialecto leonés, que funciona como código completo en algunas situaciones como en las relaciones internas dentro de la comunidad, el cotilleo entre mujeres en los ratos libres y en la vida privada. Este tipo conocido de diglosia que acaba normalmente con la muerte de la variedad vernácula, socialmente desprestigiada, es el resultado de un lento proceso que ha pasado de un período de bilingüismo a una mezcla generalizada de códigos. Es el caso del latín respecto a las lenguas romances y del leonés respecto al castellano.

2. La alternancia o mezcla de códigos (code-switching)

El establecimiento de las características de los dialectos mixtos o fundidos fue uno de los objetivos de Fritz Krüger (1925), en una investigación pionera sobre los efectos del multilingüismo en las zonas fronterizas, localizada en los límites de Sanabria con Galicia y Portugal. Los resultados que obtuvo Krüger en Mezcla de dialectos le sirvieron para aclarar la formación de dialectos mezclados en la frontera sanabresa, caracterizados por poseer una estructura dialectológica con una serie de rasgos que los diferenciaba claramente del dialecto sanabrés hablado en la mayor parte de la comarca y además, del resto de los dialectos noroccidentales. Como muestra de acomodación entre dialectos de diferentes lenguas cito seis ejemplos actuales del gallego exterior zamorano donde se aprecia el fenómeno de la mezcla de dialectos en algunos de sus rasgos morfofonológicos:

1- Alternancia en los diptongos oi, ou: noite~noute, dous~dois, despois~despous, touro~toiro (Port. noite, dois, depois, toiro).
2- Ausencia de diptongo en: muto, truta (Gall. moito, Port. muito).
3- Vocal temática i en formas como collimos, collistes en lugar de collemos, collestes (Port. -emos, -estes).
4- Perfecto collí, partí, dixe, fice, sin sufijo de número y persona -n (Port. -φ).
5- Desinencia -ste ~ -stes en la segunda persona del perfecto de indicativo en lugar de -che. (Port. -ste).
6- Desinencia -steis en la quinta persona del perfecto de indicativo en lugar de -stes (Port. -stes).

Se puede llegar, a través de una recolección más exhaustiva de materiales, a una profundización teórica de los lectos mixtos y averiguar en que medida están mezcladas unas lenguas con otras en las variedades distribuidas a lo largo de la franja fronteriza. Lo que parece claro es que todas las variedades contienen elementos suficientes para identificar la presencia de tendencias internas de las diferentes lenguas en cuestión que entran en contacto.

Profundizar en el estudio de los lectos mixtos y fundidos con presupuestos metodológicos actuales es el camino para la elaboración de una teoría explicativa que tenga en consideración la formación de gramáticas polilectales. No es de extrañar que muchos investigadores estén centrando su atención en un fenómeno tan llamativo que se produce en las situaciones diglósicas, como es la alternacia o mezcla de códigos, sin duda alguna, entre otras razones, por las implicaciones que tiene con la teoría gramatical. Este vínculo procede de la caracterización lingüística de la alternacia como la “yuxtaposición de oraciones o fragmentos de oraciones de lenguas diferentes en el discurso de un hablante bilingüe, cuando cada oración está regida por las reglas morfológicas y sintácticas de la lengua correspondiente” (Moreno, F., 1998). Por otro lado, desde una perspectiva más sociológica, se entiende como el cambio de una variedad lingüística a otra, según los participantes, situación, imagen que el hablante quiere dar, preferencias o casualidades muy individuales, etc. Para describir este fenómeno sociolingüístico son abundantes y en muy diversas lenguas los ejemplos de conversaciones donde se producen los tres tipos diferenciados de alternancia: cambio tipo “etiqueta”, cambio oracional y cambio intra-oracional. Sin embargo, escasean ejemplos sacados de otro tipo de contextos donde también se produce con mucha frecuencia y que extrañamente han sido menos considerados, especialmente en el ámbito de la cultura[1] y de las manifestaciones folclóricas populares. En este sentido, desde el punto de vista de la tradición oral, encontramos un filón importante para la elección lingüística en las regiones fronterizas, como se puede apreciar, por ejemplo, en el cancionero multilingüe sanabrés. Aunque no suele ser frecuente la alternancia o mezcla de lenguas “literarias” en un mismo texto o canción tradicional, sin embargo, existen algunos casos donde sí se produce un cambio de código, del tipo oracional, en determinados cantos populares, como los que se ofrecen a continuación procedentes de diferentes áreas dialectales:

(1) Alternancia de código: castellano-asturleonés
- ...Verán lo que le pasó
en este pueblo de Hieros
a una mocita muy guapa
que casó con un gaitero.
- El se llamaba Cristovo
y un día vendió la gaita
la muyer enfadouse
purque le hacía mucha falta.
- Calla muyer que vendila
vendila purque era vieja
tenía el punteiro roto
y la punta la palleta. Cristovo, el gaitero (Canción popular).

(2) Alternancia de código: castellano-gallego
El mandil de Carulina
tiene un lagartu pintado
cuando Carolina baila
el lagarto menea el rabo.
(Estribillo)-Bailaches Carulina.
-Bailei, sí señor.
-Dime con quien bailache.
-Bailé con miño amor. La Carolina (Corrido sanabrés).

(3) Alternancia de código gallego-castellano
Esta es la jotita jota,
este es el dulce meneo,
esta es la jota que bailan,
las damas en el paseo.
(Estribillo) O son de lava la cara,
 y o son de lava lo pé,
y o son de lava la cara,
non sei que demonio é. Jota de rabel (Porto)

Aunque en Sanabria no existe un cancionero en dialecto leonés, en el ejemplo (1) de origen asturiano, el informante después de empezar el recitado en castellano, en determinado momento introduce un cambio de estilo con la superposición de elementos de un nuevo código. En el caso (2), canción gallega muy popular en todo el noroeste, observamos que existe alternancia oracional en el estribillo que es en gallego, frente al resto de las estrofas que son en castellano, lo mismo que encontramos en el ejemplo (3) en el caso de las canciones para rabel de Porto, en el área del gallego exteror.

3. BIBLIOGRAFÍA ANOTADA

fasold, r. (1996): La Sociolingüística de la Sociedad. Introducción a la Sociolingüística, Madrid: Visor Libros.
KRÜGER, F. (1925): “Mezcla de dialectos”, en Homenaje a Menéndez Pidal, II, pp. 121-166.
moreno fernández, f. (1998): Principios de sociolingüística y sociología del lenguaje, Barcelona: Ariel Lingüística.
Romaine, S. (1996): El lenguaje en la sociedad. Una introducción a la sociolingüística, Barcelona: Ariel Lingüística.


[1] En relación con la cultura de masas, parece claro que en el caso de la música étnica la alternancia o mezcla de códigos cumple importantes funciones en la sociedad en relación con el problema racial o étnico: con recursos lingüísticos pone de manifiesto tendencias sociales en vanguardia en relación con el mestizaje, ejerce presión con su mensaje como fuerza positiva para estabilizar la coexistencia entre personas y culturas muy diferentes, y como ha ocurrido en otras ocasiones, refleja los cambios que se producen en determinados sectores de la sociedad, que en muchas ocasiones van acompañados de algún tipo de cambio lingüístico en marcha.